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07 septembre 2014

Politique culturelle au bénin

Le point des réformes en cours dans le secteur culturel béninois.(benincultures.com)

 

"Vingt-trois (23) ans après l’adoption et la promulgation de la loi n° 91-006 du 25 février 1991 portant Charte culturelle en République du Bénin, le Bénin s’est doté, en mai 2013, d’une politique culturelle.
Quelles en sont les grandes orientations ?..."

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"...Le document de politique culturelle du Bénin vise l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous les acteurs de la chaîne nationale de production artistique. Comment rendre plus visible la culture béninoise, comment concilier le culturel et le social, comment se baser sur le développement culturel pour amorcer le développement économique de notre nation. Ce sont là, les grandes orientations et nous travaillons à présent sur la déclinaison et la mise en application de cette politique culturelle sur les cinq années à venir. Dès que nous finirons le plan de mise en application de cette déclinaison et toutes les actions prévues par le document de Politique Culturelle, nous allons mettre tout cela à la disposition du public. Mais en attendant, tout un mystère entoure ce document depuis son adoption qui d’ailleurs a été faite presque dans l’anonymat…
C’est une impression que vous avez eu. Et c’est parce le travail de vulgarisation n’a pas encore commencé. Actuellement, nous compilons ce document sous forme de brochure que nous pourrons mettre à la disposition de tous les acteurs qui interviennent dans le développement culturel au Bénin. Après cette étape, nous aurons à opérer sur l’étendue du territoire national des séances de sensibilisation et de vulgarisation et de commun accord avec tous les acteurs culturels béninois, nous verrons dans quelle mesure opérer la mise en application des recommandations issues de ce document.

Nous avons prévu dans le PTA 2015, la création physique de la Maison de l’Artiste pour concrétiser les prescriptions qui ont été consignées dans le document du Statut de l’Artiste.
La politique culturelle est adoptée depuis un peu plus d’un an et n’est toujours pas connue de l’ensemble des acteurs culturels…. Etant donné que toutes nos actions doivent être consignées dans un Plan de Travail Annuel et que celui de cette année était déjà finalisé au moment où le document de politique culturelle a été validé, nous n’avons pas pu insérer sa vulgarisation au nombre des activités à mener.
Aujourd’hui, c’est une chose effective parce qu’il y a des dispositions antérieures qui ont été prises pour aboutir au document de Politique Culturelle. Au titre de ces dispositions, nous avons par exemple le Statut de l’Artiste. Le Statut de l’Artiste est une réalité, mais il est indispensable que la Maison de l’Artiste le soit aussi pour la mise en application du Statut. Nous avons prévu dans le PTA 2015, la création physique de la Maison de l’Artiste qui sera dotée de ressources humaines pour concrétiser les prescriptions qui ont été consignées dans le document du Statut de l’Artiste.
Après la mise en œuvre du Statut de l’Artiste, il sera plus facile à l’Etat, à travers le Ministère de la culture, d’évoluer sur les autres priorités définies par le document de Politique Culturelle. Le 21 février dernier, vous avez rendu effective l’une de vos grandes réformes ; celle de la délivrance des cartes professionnels aux artistes et promoteurs culturels. Tenant compte du Statut de l’Artiste et des critères d’obtention de cette carte, qui est artiste aujourd’hui au Bénin ? Il revient à la Maison de l’Artiste de faire la clarification entre les différentes catégories d’artistes que nous avons : artiste professionnel, semi-professionnel et les amateurs.
Cette classification doit se faire par des acteurs de la Maison de l’Artiste. Il ne revient pas à l’Etat de le faire. Mais dès notre prise de service, nous avons constaté qu’il y a un certain nombre de choses qui n’honorent pas notre pays, qui n’honorent pas notre ministère, qui n’honorent pas la Direction dont nous avons la charge. Nous avons constaté que pour reconnaître un artiste, on se base sur une attestation qui a une validité de six mois. Nous nous sommes dit que c’est une absurdité de signer un papier prouvant qu’une personne est artiste pour six mois. Si on est artiste, on l’est effectivement. Ensuite, pour remettre aujourd’hui la gestion de la chose artistique aux acteurs culturels, il faudrait que le secteur soit assaini. Le constat est qu’il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas compétentes, des amateurs qui se sont immiscés dans le domaine et qui s’approprient d’une manière ou d’une autre des privilèges du secteur. Et si on n’assainit pas la corporation avant le transfert de la gestion aux acteurs eux-mêmes, je crois que ce sera la débandade. L’Etat ne sera pas alors en mesure de contrôler et de d’atteindre ses objectifs. Pour l’assainissement, nous avons travaillé à avoir une idée claire de tous les acteurs culturels qui opèrent dans le secteur culturel au Bénin. D’où le recensement des acteurs culturels, des manifestations et événements culturels et de tous ceux qui interviennent dans la chaine culturelle au Bénin.

Après ces constats, nous avons instauré les cartes professionnelles d’artiste qui vont permettre l’identification au plan national et international de nos artistes et promoteurs. Une carte d’une validité de deux ans pour la phase expérimentale. Si d’ici 2015, la Maison de l’artiste est une réalité, elle s’appropriera ces réformes que nous aurons opérées. Pour en revenir à votre question, nous n’avons pas la responsabilité de dire tel artiste est amateur, professionnel ou semi-professionnel. Tout cela est décrit dans le document du Statut de l’Artiste.

Donc aujourd’hui, est artiste celui qui détient la carte professionnelle de la DPAC… La DPAC délivre les attestations sur la base des pièces envoyées.
Actuellement, il y a un comité constitué des cadres de l’administration et des représentants du monde culturel qui attestent de l’effectivité de la présence des postulants dans le secteur culturel.
 Nous avons des organisations corporatistes qui sont appelées à reconnaître ceux qui sont artistes ou pas et qui sont associées à ce travail d’assainissement. Aussi, la délivrance des cartes de deux ans prendra fin dès que la Maison de l’Artiste sera mise en place. A partir de ce moment, il y aura plus de précisions sur la corporation à laquelle appartient chaque artiste. La Maison de l’Artiste, que dont vous souhaitez, avec insistance, la mise en place sera sous la tutelle de votre Direction.
Tout comme la Maison de la Culture de Ouidah qui est quand même dans un état déplorable. La DPAC pense-t-elle corriger la situation ? Nous avons constaté dès ma prise de service que cette maison est laissée en ruine alors qu’à un moment donné, l’Etat avait injecté de l’argent pour la rénover. Mais après la réfection de la toiture, les travaux n’ont pas pu aboutir. Nous nous sommes dit qu’il serait bien de faire l’état des lieux pour informer l’autorité en vue de la réfection totale de la maison. L’objectif étant de redonner vie à cette maison qui est un patrimoine important pour le développement et la promotion artistique et culturelle au Bénin. A ce titre, le Fonds d’Aide à la Culture a prévu, au titre des travaux de réfection des infrastructures socioculturelles de cette année, des études pour la Maison de la Culture de Ouidah. Les études sont terminées et nous avons élaboré une communication qui est déjà introduite en Conseil des Ministres pour mobiliser les moyens de la rénovation de cette maison d’ici 2015. On aura alors nommé un nouveau directeur qui disposera d’un personnel qui doit l’accompagner pour redonner vie à la Maison de la Culture de Ouidah.

Aucun lauréat du FESNAC ne peut présenter un dossier au Fonds d’Aide à la Culture et ne pas bénéficier de financement.
 Parlons à présent du Festival National des Arts et Culture organisé par votre Direction. Quel bilan faites-vous de cet événement ? A ses débuts, le Festival National des Arts et de la Culture était l’une des références en matière de festival au Bénin. C’était le festival le plus pourvu par l’Etat sur le plan financier, le plus accompagné par les partenaires privés également. Malheureusement, avec le temps, il y a eu beaucoup d’autres festivals privés qui ont pris le dessus. Néanmoins, il demeure l’espace de détection des groupes artistiques talentueux que nous essayons de promouvoir à travers des représentations à l’international comme au plan national. Il y a ainsi beaucoup de promoteurs, responsables de ballets, de troupes qui profitent de cet espace pour détecter les jeunes artistes talentueux pour les promouvoir. Cela est indéniable. Aujourd’hui, on ne peut pas se passer de ce festival. Mais certains lauréats, notamment ceux de la catégorie Littérature, se plaignent de ce qu’après leur sacre, ils sont laissés pour compte et ne bénéficient plus de soutien de la part de la DPAC…
 Le chantier culturel est très vaste et on ne saurait s’appesantir sur des individus pour assurer personnellement leur promotion. Il y a désormais des canaux qui pourront permettre à tous ces artistes qui ont été détectés par l’Etat béninois de se rapprocher de l’administration pour que celle-ci puisse les aider. Si je prends le cas des auteurs que vous évoquez, s’ils ont été lauréats du FESNAC, c’est dire qu’ils ont des atouts. Ils ont déjà une reconnaissance nationale qui pourra leur permettre d’obtenir la subvention du Fonds d’Aide à la Culture pour éditer leur ouvrage. Ce n’est pas une action qui relève de la compétence exclusive de la DPAC. C’est ensemble avec la DFAC que nous accompagnons ces acteurs culturels. Aucun lauréat du FESNAC ne peut présenter un dossier au Fonds d’Aide à la Culture et ne pas bénéficier de financement. Le premier travail qu’ils doivent faire est de s’informer. Qu’ils se rapprochent de l’administration pour voir dans quelle mesure elle peut les accompagner. Il est vrai que tous les artistes et promoteurs qui viennent nous voir n’ont pas toujours satisfaction. Mais même si la DPAC n’a pas la possibilité de les accompagner financièrement, nous les recommandons à des structures plus indiquées. Attardons-nous un peu sur la question de la Direction du Fonds d’Aide à la Culture. Dans le cahier de charges de votre direction, vous assurez « le contrôle et le suivi des activités artistiques et culturelles ». De ce fait, la DPAC ne devrait-elle pas assurer le suivi des projets culturels financés par la DFAC pour plus de transparence ? Il y a une réelle synergie qui existe entre le Fonds d’Aide à la Culture et la Direction de Promotion Artistique et Culturelle étant donné que nous sommes une direction technique et que nous sommes appelés à faire le suivi et l’évaluation de tout ce qu’il y a comme activité et événement sur le plan national. Actuellement, nous recensons toutes ces manifestations et à partir de 2015, nous sortirons l’agenda culturel pour avoir une idée claire de tout ce que nous avons comme activités, festivals et événements culturels majeurs. C’est le premier point sur lequel nous travaillons. Le deuxième point est relatif aux nombreux arrêtés que nous avons sortis pour réglementer l’existence des associations opérant dans le secteur.
Nous délivrons les cartes professionnelles aux artistes, aux promoteurs et le seul champ qui était laissé libre était celui de l’existence des associations. N’importe quel individu qui ignore tout du secteur des arts et de la culture, profite de l’existence du Fonds d’Aide à la Culture, initie des projets et endette l’Etat. Nous avons maintenant instauré la délivrance d’agrément aux associations. Nous ne corsons pas pour l’instant parce que nous ne sommes pas venus pour mener une guerre aux acteurs. Nous sommes là pour baliser le terrain et permettre à ce que ce soit réellement les vrais acteurs du secteur qui bénéficient des aides. A partir de l’année prochaine, quand nous allons sortir le répertoire des acteurs culturels et l’agenda culturel pour 2015, ce sera un grand pas. C’est au moment du renouvellement des agréments que nous allons corser pour voir l’existence physique de ces associations et leur demander d’avoir leur RIB (Relevé d’Identité Bancaire, ndlr) et leur numéro IFU (Identifiant Fiscal Unique, ndlr).

D’ici 2025, le Bénin sera l’un des pays phares où la culture contribuera réellement au développement économique.
 Ensuite, nous nous battrons pour qu’au Fonds d’Aide à la Culture, les subventions ne soient plus octroyées à des associations en délivrant des chèques à des individus mais aux noms des associations. Dans la sous-région, aucune structure qui accompagne des associations ne délivre de chèque aux noms des individus. Mais puisque ce sont des acteurs, des artistes qui sont en majorité des administrateurs, ils sont réticents pour l’instant. L’Etat est quand même souverain et à un moment donné, il devra taper du poing sur la table. L’essentiel pour nous est de ne pas trop chambouler le secteur, mais d’apporter au fur et à mesure les réformes pour améliorer les conditions de vie et de travail de tous les acteurs culturels béninois.
 Avec toutes vos réformes en cours et dans l’hypothèse que la Politique Culturelle soit bien mise en œuvre, comment voyez-vous la culture béninois à l’horizon 2025 ? Sans se jeter des fleurs, sur le plan international, nous sommes en avance sur beaucoup de pays. L’exemple du Fonds d’Aide à la Culture en est une preuve et constitue une innovation en Afrique et dont s’inspirent beaucoup de pays. D’ici 2015, on aura déjà le tri-milliard culturel. Ce qui permettra de donner réellement un nouveau souffle à ce secteur qui doit apporter des ressources pour le développement économique de notre pays. Il ne suffit pas de soutenir et d’appuyer les artistes, nous devons aller vers l’industrialisation de la culture. Comment faire pour avoir des promoteurs dignes de ce nom pour que l’industrie culturelle soit une réalité dans notre pays ?
D’ici 2018, cela sera effectif et nous aurons des artistes qui pourront jouir et bénéficier du fruit de leur art. Nous mettrons des mécanismes en place pour y arriver. Et si la Maison de l’Artiste devient une réalité, avec le document de Politique Nationale de la Culture ajouté au Plan de Mise en Application de ces textes, d’ici 2025, le Bénin sera l’un des pays phares où la culture contribuera réellement au développement économique.

par Eustache AGBOTON, Journaliste, s'intéresse, depuis 2008, aux questions liées aux arts et à la culture. 
https://www.benincultures.com/fr


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