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15 juillet 2014

LE THÉATRE DU PUSH-PULL


En quelques années, 50 000 paysans [kenyans] ont adopté le push pull, une technologie biologique de lutte contre les parasites du maïs, qui pour son malheur, ne rapporte pas un sou aux marchands de pesticides.

http://tinyurl.com/l5rpz5d
Bio contre Bio

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Bio contre Bio

"La toxicité des pesticides est élevée, envers les consommateurs des productions agricoles comme envers les agriculteurs eux-mêmes. » C'est avec ce constat simple, mais presque tabou, que l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA) introduit la lutte biologique contre les parasites agricoles, une alternative prometteuse aux solutions chimiques. Cette lutte consiste à mettre en œuvre différentes stratégies pour limiter naturellement la présence de « bio-agresseurs », ou tout organisme parasite dans les cultures ou le sol. L'un des premiers succès de la lutte biologique fut enregistré à la fin du XIXe siècle, avec l'introduction d'une coccinelle australienne (rodolia cardinalis) en Californie pour éradiquer des cochenilles (icerya purchasi) qui infestaient les plantations d'agrumes. Un siècle plus tard, en 1973, l'Organisation Internationale de Lutte Biologique (OILB) définissait officiellement la pratique comme « l'utilisation d'organismes vivants (ou de produits dérivés d'organismes vivants) pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des ravageurs. »
Il s'agit d'exploiter une relation naturelle (prédation, parasitisme, compétition) entre deux êtres vivants, dont l'un est « la cible » (insecte ravageur, végétal, micro-organisme) et l'autre un agent de lutte, ou « auxiliaire » capable de stopper l'expansion du bio-agresseur ciblé. L'agriculteur définit ensuite une stratégie d'introduction des « auxiliaires » dans ses champs : soit par acclimatation, soit par « lâchers inondatifs ou inoculatifs ». Dans le cas de l'acclimatation, il s'agit d'introduire durablement dans l'écosystème local, un auxiliaire qui sera capable de s'intégrer à « une niche écologique vacante » dans la chaîne de prédation du parasite cible. Dans le cas de lâchers inondatifs, comme leur nom l'indique, il s'agit de noyer la cible sous un déluge de prédateurs pour assurer une extermination massive et immédiate. Sur ce schéma, la station de l'Inra d'Antibes a mis au point une technique efficace faisant appel à une micro-guêpe, la Trichogramma, qui s'attaque aux œufs de la pyrale du maïs, un ennemi redoutable de cette culture. Aujourd'hui en France, plus de 70.000 hectares de maïs sont traités annuellement en lutte biologique. Cependant, bien qu'extrêmement efficace et naturel, ce traitement est temporaire et tout aussi coûteux que les solutions chimiques.
Depuis quelques années, une nouvelle stratégie issue de travaux en agroécologie se dessine : la lutte biologique par gestion des habitats. Il s'agit de protéger et d'aménager sur le domaine agricole des espaces naturels (haies, arbres, bandes fleuries, marres...) capables d'héberger tout un cortège de vertébrés (oiseaux, chauve-souris, reptiles) et d’invertébrés (insectes, arachnides, lombrics, etc..) pour leur redonner une place dans l’agrosystème cultivé (Dupraz, 2005). Par exemple, des expériences ont été menées sur l'aménagement de bandes fleuries en marge des champs de blé pour attirer à nouveau des syrphes adultes dont les larves sont de redoutables consommatrices de pucerons des céréales (Sarthou et al, 2004) (voir aussi la vidéo sur le push-pull).
Comme le rappelle Christian Dupraz, chercheur à l'Inra : « L’idée que les systèmes de culture ne se réduisent pas au cœur des parcelles cultivées fait son chemin. Plusieurs travaux récents montrent l’importance de raisonner l’espace rural comme un continuum, comme un lieu d’échanges entre les diverses occupations du territoire. » Nos campagnes, empoisonnées par les pesticides et défigurées par l'arrachage des haies et des arbres champêtres, menaçaient de se transformer en un désert vert, vide de biodiversité, mais l'agroécologie ouvre désormais une voie nouvelle pour s'en échapper. Voilà que le regard change sur les « petites bêtes », et au passage, l’homme accepte tout bonnement de relâcher son étreinte sur les processus naturels, même quand il s’agit de se nourrir."
http://www.arte.tv/fr/bio-contre-bio/6967784.html

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